"Le management de transition permet aux cadres dirigeants de rebondir"

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  • Date: mar. 0
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De plus en plus de cadres dirigeants se convertissent au management de transition. "Il existe un réel potentiel en France", assure Pierre van den Broek, président de l'Association française du Management de Transition (AFMDT), qui estime le marché à plus de 300 millions d'euros par an.

Capital.fr : Qu'est-ce que le management de transition ?
Pierre van den Broek :
Ce type de missions est arrivé en France, il y a une vingtaine d'années. Il s'agit d'une prestation de service durant laquelle un manager, seul ou avec une équipe, prend en urgence la tête d'une société pour la redresser ou la faire évoluer. Ce cadre dirigeant intervient pour une durée limitée, en moyenne 8 mois.

Capital.fr : Pourquoi les entreprises ont-elles recours au management de transition ?
Pierre van den Broek : Le plus souvent, les sociétés font appel à ce type d'experts dans des situations critiques : réaliser une restructuration, une cessation d'activité, externaliser un service, remplacer au pied levé un cadre dirigeant. Ils jouent alors le rôle de "pompiers" dans les comités de direction. Mais ils peuvent aussi travailler sur des projets stratégiques à durée déterminée comme l'implantation d'une filiale à l'étranger, le développement d'un nouveau produit, la mise en place d'un nouveau système comptable ou informatique, l'accompagnement d'une entrée en bourse. Il s'agit le plus souvent de directeur administratif et financier (DAF), de PDG capables d'intervenir en urgence et d'imposer rapidement leur leadership.

Capital.fr : Combien de cadres sont concernés ?
Pierre van den Broek : Il n'existe aucune statistique officielle mais le potentiel est énorme en France. Ce marché pourrait rapidement atteindre 300 millions d'euros. Encore faut-il que la réglementation française en matière de prêt de main d'œuvre s'assouplisse.

Capital.fr : C'est-à-dire…
Pierre van den Broek : Les cabinets spécialisés disposent d'un listing de candidats qui sont délégués chez nos clients via un contrat de travail temporaire. Le cadre dirigeant intervient alors en tant que salarié intérimaire. Quand nous recrutons un consultant indépendant, nous signons un contrat de sous-traitance. Il nous facture sa prestation que nous facturons au client. De façon plus marginale, il nous arrive de les embaucher en CDD ou en CDI.

Capital.fr : Qui sont vos clients ?
Pierre van den Broek : Les grands groupes anglo-saxons comme Coca Cola, Yahoo! ou Apple sont des habitués. Les PME qui se développent à l'international apprécient aussi de s'adjoindre les compétences d'un dirigeant expérimenté qu'elles ne peuvent pas s'offrir sur du long terme. Enfin, les assemblées d'actionnaires nous appellent pour résoudre un problème de management au sein d'un comité de direction.

Capital.fr : Le management de transition a longtemps été perçu comme une solution pour l'emploi des seniors…
Pierre van den Broek : Le secteur souffre de cette image de tempes grisonnantes. Pourtant, il convient à tous les managers expérimentés. Bons communicants, résistants au stress, ils doivent être capables de produire des résultats durant des délais très courts. Le prix moyen des missions s'élève à plus de 1.000 euros par jour. Pour une poignée d'inconditionnels, le management de transition est devenu un choix de vie. Pour beaucoup, il s'agit d'un contrat entre deux postes.

Propos recueillis par Sandrine Chauvin

Source: Capital.fr



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